Pour l'Agence européenne, l'aspartame (Monsanto) ne serait pas cancérigène ni hautement toxique : tout le monde ne partage pas cet avis - Déc 2013


Les dangers de l'aspartame et du light par rikiai

La nouvelle est tombée cette semaine et vient directement de la Commission Européenne au travers de l’action de son Comité pour la santé alimentaire.

Cette dernière vient d’exclure « le risque potentiel que l’aspartame provoque des dommages aux gènes ou induise le cancer ».

Ses experts ont «  également conclu que l’aspartame n’entraînait pas de dommages pour le cerveau et le système nerveux et qu’il n’affectait pas le comportement ou le fonctionnement cognitif chez les enfants et adultes ».

Des conclusions qui s’appuient sur différentes études déjà connues et qui écartent semble-t-il tout soupçon de danger.

Il est à noter que suite à cette nouvelle les détracteurs de l’aspartame, Corine Lepage en tête, crient déjà au scandale et déclarent ouvertement que l’Agence Européenne de la Sécurité Alimentaire est soumise aux industriels.

Commercialisé depuis le début des années 80 l’aspartame, outre les critiques des consommateurs et de certains scientifiques, est également décrié par les nutritionnistes pour qui il pourrait faire consommer plus de calories car entretenant une sensation de faim incitant une consommation additionnelle.

Partager sur FacebookL’édulcorant de synthèse, au pouvoir sucrant 150 fois plus élevé que le sucre, fait depuis longtemps l’objet de vives polémiques. Nathan Alliard / Photononstop / AFP

L’édulcorant de synthèse, au pouvoir sucrant 150 fois plus élevé que le sucre, fait depuis longtemps l’objet de vives polémiques. Nathan Alliard / Photononstop / AFP

AVIS. L’Agence européenne pour la sécurité de l’alimentation (EFSA) a rendu le 10 décembre dernier son verdict sur la dangerosité de l’aspartame. Sa position est nette : « l’aspartame et ses produits de dégradation sont sûrs pour la consommation humaine aux niveaux actuels d’exposition. »

Aucun risque donc qu’il ne provoque un cancer, n’affecte le fonctionnement cognitif ou ne présente un risque pendant la grossesse pour le développement du fœtus. Les experts ajoutent que « la dose journalière acceptable (DJA) actuelle de 40 mg/kg de poids corporel constitue une protection adéquate pour la population générale. »

La France et l'Italie prennent position

En fait, rien de surprenant. L’EFSA a maintenu sa position, émise au début de l’année. Sur la vingtaine de pays consultés, seuls la France et l’Italie n’étaient pas d’accord et avaient demandé une réévaluation de la DJA, initialement prévue en 2020 dans le cadre de la réévaluation des additifs alimentaires.

L’Agence nationale de sécurité alimentaire (ANSES) avait conclu que les effets neurologiques de l’aspartame et ses métabolites devraient être plus détaillés, avec la prise en compte des interactions possibles. En outre, leurs conclusions faisaient état d’un possible effet chronique à dose élevée de la phénylalanine, un métabolite de l’aspartame, sur le développement du fœtus. L'Agence recommandait alors d’appliquer un facteur de sécurité supplémentaire à la valeur toxicologique de référence.

Des effets cancérogènes dès 20 mg/kg

L’édulcorant de synthèse, au pouvoir sucrant 150 fois plus élevé que le sucre, fait depuis longtemps l’objet de vives polémiques. En 1997, l’Institut italien Ramazzini a lancé un programme d’évaluation des effets de l’aspartame et, d’après leurs résultats, l’administration d’aspartame ajouté à la nourriture a des effets cancérogènes sur les rats, dès la dose de 20 mg/kg, soit l’équivalent de 7 canettes ½ de soda par jour pour un adulte de 70 kg. En outre, une étude danoise sur 60 000 femmes enceintes, publiée en 2010 dans The American Journal of Clinical Nutrition, montre que la consommation de boissons avec édulcorants chez la femme enceinte augmente le risque d’accouchement prématuré de 29 %.

Leurs conclusions ne sont scientifiquement pas fondées

Dans son rapport, l’EFSA juge que ces études chez le rat ne fournissent pas d’éléments suffisants et critique les méthodologies utilisées. « Leurs conclusions ne sont scientifiquement pas fondées. L’institut Ramazzini concluait à un excès de lymphomes chez des sujets âgés, or après examen, il apparaît que les rongeurs étaient infectés par un mycoplasme dont on sait qu’il peut conduire à des lymphomes » explique Claude Lambré, un des vice-présidents du comité d’experts.

Des effets neurologiques sous-évalués ?

Pour Jean-François Narbonne, l’EFSA ne tient pas compte non plus des comportements nutritionnels. Il ajoute que « certains aspects n’ont pas été évalués : il faut tenir compte des effets neurologiques des produits de dégradation de l’aspartame et des interactions ». Pour lui, l’aspartame n’est pas sans risque. Une étude de l’Inserm avait également mis en avant qu’à quantité égale de boisson consommée, le risque de développer un diabète de type 2 est 60 fois plus élevé en cas de consommation de boissons "light" que de boissons sucrées normales. « Il se peut que les édulcorants agissent comme un leurre dans le cerveau et qu’ils entraînent malgré tout un pic d’insuline, bien que la glycémie n’ait pas augmenté suite à la prise d’une boisson light. De ce fait l’insuline, faisant baisser "à tort" la glycémie, stimulerait le besoin de consommer du sucre, ce qui favoriserait l’obésité et donc le diabète », avançait l’auteur de l’étude, Guy Fagherazzi.

SUSPICION DE FRAUDE. Le Réseau Environnement Santé, quant à lui, a publié dans la foulée un communiqué. Pour eux, les rapports qui ont servi à établir la DJA n’ont jamais fait l’objet d’une évaluation indépendante et reposent sur des rapports issus de l’industrie de 1973 et 1974, dont la qualité a été jugée inacceptable par la FDA en 1977. Le réseau souhaite que la DJA soit invalidée, qu’une commission consultative sur la déontologie de l’expertise et qu’une enquête parlementaire soient mises en place.

A la question d’éventuels conflits d’intérêts, difficile de répondre. Pour Jean-François Narbonne : « ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de conflit d’intérêt qu’il n’y a pas de pression.» En tout cas, l’EFSA a tranché et maintenant l’ANSES ne pourra plus faire grand chose si ce n’est établir des recommandations nutritionnelles pour cet édulcorant.

Source : http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20131220.OBS0326/aspartame-un-debat-au-gout-amer.html

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